Dépistage hors les murs à Kinshasa, TROFOS va à la rencontre des populations clés (VIH, IST, paludisme, tuberculose, Mpox : à Kalamu I et Kasa-Vubu, la prévention se rapproche des communautés)
En août 2026, Trois Fois Sain (TROFOS) a lancé à Kinshasa une campagne intégrée de sensibilisation et de dépistage communautaire. En six sorties mobiles dans les zones de santé de Kalamu I et Kasa-Vubu, ses équipes ont sensibilisé 2 864 personnes. Elles ont aussi proposé sur place, gratuitement, le dépistage du VIH, de la syphilis et du paludisme, ainsi que le repérage des signes du Mpox.

Aller là où les services n'arrivent pas
À Kinshasa, le VIH, les infections sexuellement transmissibles (IST), la tuberculose, le paludisme et, plus récemment, le Mpox pèsent lourdement sur la santé des communautés. Les populations clés y sont particulièrement exposées : professionnelles du sexe, hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, personnes qui consomment des drogues injectables et personnes transgenres.
Pour elles, l'accès aux soins reste semé d'obstacles : stigmatisation, discrimination, barrières sociales et légales, faible recours volontaire au dépistage. Beaucoup sont mobiles et se tiennent à distance des structures de santé classiques.
C'est pour lever ces barrières que Trois Fois Sain (TROFOS), organisation membre de l'UCOP+, a choisi d'aller directement vers les personnes, dans leurs lieux de vie et de rencontre. La campagne est mise en œuvre avec l'appui financier de DNDi.
Une offre intégrée, gratuite et confidentielle
Le principe est simple : en un seul passage, chacun peut s'informer, recevoir des moyens de prévention et se faire dépister, gratuitement et en toute confidentialité.
Avant et pendant les activités, des pairs éducateurs issus des populations clés sont allés au contact du public, seul à seul ou en petits groupes. Ils ont suivi l'approche EPOA (Enhanced Peer Outreach Approach). Les personnes volontaires étaient ensuite enregistrées et orientées discrètement vers des tentes. Là, des conseillers, des infirmiers et des techniciens de laboratoire de TROFOS assuraient le conseil et le dépistage, dans le respect du consentement éclairé.
L'équipe était pluridisciplinaire : pairs éducateurs, conseillers en dépistage, personnel médical, agents de sécurisation et superviseurs. Les équipes des Bureaux centraux des zones de santé (BCZS) de Kalamu I et Kasa-Vubu ont participé à la supervision sur le terrain. Un contrôle de qualité interne a été réalisé sur place. Les déchets biomédicaux ont été triés, transportés et détruits aux incinérateurs du Centre IST Matonge et du Centre IST Victoire.
Ce que la campagne a permis en août
Les sorties ont eu lieu les 8, 9, 15, 16, 18 et 26 août 2026, sur plusieurs sites des zones de santé de Kalamu I et Kasa-Vubu, notamment aux abords du Centre IST Matonge et du Centre IST Victoire.
2 864 personnes sensibilisées, dont 1 860 femmes et 1 004 hommes. Plus de la moitié d'entre elles (1 538 personnes) appartiennent aux populations clés ciblées. La campagne a aussi touché des adolescents, des jeunes et la population générale. La sensibilisation a couvert les cinq maladies, y compris la tuberculose : ses signes et l'importance de se faire dépister ont été expliqués, mais aucun test de tuberculose n'a été réalisé lors de ces sorties. Elle s'est appuyée sur 47 causeries éducatives de proximité, une émission de télévision et une émission de radio.
Des moyens de prévention distribués gratuitement : 20 048 préservatifs masculins, 8 592 préservatifs féminins et 34 368 gels lubrifiants. La quantité de gels reflète une forte demande du public.
Le dépistage, en chiffres :
• VIH : 375 personnes dépistées. 14 ont reçu un résultat positif, confirmé selon l'algorithme national de dépistage.
• Syphilis : 91 personnes dépistées, dont 7 avec un résultat positif.
• Paludisme : 392 tests de diagnostic rapide réalisés, dont 35 positifs.
• Mpox : le repérage des signes et symptômes a permis d'identifier 3 cas suspects.
Les taux de positivité observés sont de 3,7 % pour le VIH, 7,7 % pour la syphilis et 8,9 % pour le paludisme. Pour le VIH, à titre de repère, la prévalence chez les adultes de 15 à 49 ans est estimée à 0,7 % pour l'ensemble de la RDC (estimations Spectrum 2020, citées par l'ONUSIDA). Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose : le taux de la campagne porte sur des personnes volontaires, dépistées sur des sites choisis pour atteindre les populations les plus exposées. L'écart confirme toutefois l'intérêt de cibler ces populations.
Traitement et orientation vers les soins. Les 35 personnes dépistées positives au paludisme ont reçu un traitement antipaludique (combinaison thérapeutique à base d'artémisinine) fourni par la zone de santé. Les personnes dépistées positives au VIH ou à la syphilis ont été orientées, avec un bon d'orientation, vers une structure de prise en charge de proximité. Celles de Kalamu I ont été orientées vers le Centre IST Matonge, celles de Kasa-Vubu vers le Centre IST Victoire. Les 3 cas suspects de Mpox ont aussi été orientés vers ces deux centres. Dans une stratégie mobile, le rôle de TROFOS est de dépister et d'orienter. La prise en charge relève des structures de santé, en lien avec le réseau (spokes/hubs) du projet IMPAACT4HIV.
La force de l'approche communautaire
Sur le terrain, les pairs éducateurs ont répondu à de nombreuses questions. Elles portaient sur les modes de transmission, la transmission de la mère à l'enfant, l'efficacité de la prévention, la PrEP, le Mpox, le test rapide du paludisme et les IST. D'autres concernaient la disponibilité et l'efficacité des traitements antirétroviraux. Ces échanges montrent un vrai besoin d'information de proximité. Les pairs, proches des réalités des personnes, sont bien placés pour y répondre.
L'intégration des services a aussi permis de proposer plusieurs dépistages en une seule rencontre. Elle a permis de repérer à la fois une infection chronique comme le VIH, des IST, une maladie endémique comme le paludisme et une maladie émergente comme le Mpox. Proposer ces services là où vivent les personnes, c'est leur offrir une occasion de se faire dépister qu'elles n'auraient pas forcément trouvée dans les structures de santé classiques.
Des défis qui orientent la suite
Cette première phase a aussi révélé plusieurs difficultés. La démolition de certains lieux de rassemblement a obligé l'équipe à revoir son calendrier et ses sites. La forte mobilité des populations clés a compliqué leur mobilisation et leur suivi. Enfin, le retour tardif des équipes en soirée a posé des questions de sécurité.
Sur le plan médical, le dosage des CD4 n'a pas pu être réalisé pour les personnes dépistées positives au VIH, faute d'équipement disponible.
Pour les prochaines phases, TROFOS prévoit de :
• étendre progressivement la campagne à d'autres zones de santé de Kinshasa ;
• actualiser régulièrement la cartographie des sites d'intervention ;
• renforcer la mobilisation par les pairs ;
• mieux documenter, avec les structures de soins, le parcours des personnes orientées jusqu'à leur mise sous traitement ;
• plaider pour la disponibilité d'équipements de mesure des CD4.
Un engagement qui se poursuit
Ce lancement confirme une conviction au cœur de l'action de TROFOS : la santé doit aller vers celles et ceux qui en sont le plus éloignés. Informer sans juger, dépister sans exposer, orienter sans abandonner : la campagne se poursuit dans cet esprit, aux côtés des communautés, des zones de santé et des partenaires. L'objectif est une réponse communautaire plus forte et un accès équitable aux services de santé à Kinshasa.
À Kinshasa, le VIH, les infections sexuellement transmissibles (IST), la tuberculose, le paludisme et, plus récemment, le Mpox pèsent lourdement sur la santé des communautés. Les populations clés y sont particulièrement exposées : professionnelles du sexe, hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, personnes qui consomment des drogues injectables et personnes transgenres.
Pour elles, l'accès aux soins reste semé d'obstacles : stigmatisation, discrimination, barrières sociales et légales, faible recours volontaire au dépistage. Beaucoup sont mobiles et se tiennent à distance des structures de santé classiques.
C'est pour lever ces barrières que Trois Fois Sain (TROFOS), organisation membre de l'UCOP+, a choisi d'aller directement vers les personnes, dans leurs lieux de vie et de rencontre. La campagne est mise en œuvre avec l'appui financier de DNDi.
Une offre intégrée, gratuite et confidentielle
Le principe est simple : en un seul passage, chacun peut s'informer, recevoir des moyens de prévention et se faire dépister, gratuitement et en toute confidentialité.
Avant et pendant les activités, des pairs éducateurs issus des populations clés sont allés au contact du public, seul à seul ou en petits groupes. Ils ont suivi l'approche EPOA (Enhanced Peer Outreach Approach). Les personnes volontaires étaient ensuite enregistrées et orientées discrètement vers des tentes. Là, des conseillers, des infirmiers et des techniciens de laboratoire de TROFOS assuraient le conseil et le dépistage, dans le respect du consentement éclairé.
L'équipe était pluridisciplinaire : pairs éducateurs, conseillers en dépistage, personnel médical, agents de sécurisation et superviseurs. Les équipes des Bureaux centraux des zones de santé (BCZS) de Kalamu I et Kasa-Vubu ont participé à la supervision sur le terrain. Un contrôle de qualité interne a été réalisé sur place. Les déchets biomédicaux ont été triés, transportés et détruits aux incinérateurs du Centre IST Matonge et du Centre IST Victoire.
Ce que la campagne a permis en août
Les sorties ont eu lieu les 8, 9, 15, 16, 18 et 26 août 2026, sur plusieurs sites des zones de santé de Kalamu I et Kasa-Vubu, notamment aux abords du Centre IST Matonge et du Centre IST Victoire.
2 864 personnes sensibilisées, dont 1 860 femmes et 1 004 hommes. Plus de la moitié d'entre elles (1 538 personnes) appartiennent aux populations clés ciblées. La campagne a aussi touché des adolescents, des jeunes et la population générale. La sensibilisation a couvert les cinq maladies, y compris la tuberculose : ses signes et l'importance de se faire dépister ont été expliqués, mais aucun test de tuberculose n'a été réalisé lors de ces sorties. Elle s'est appuyée sur 47 causeries éducatives de proximité, une émission de télévision et une émission de radio.
Des moyens de prévention distribués gratuitement : 20 048 préservatifs masculins, 8 592 préservatifs féminins et 34 368 gels lubrifiants. La quantité de gels reflète une forte demande du public.
Le dépistage, en chiffres :
• VIH : 375 personnes dépistées. 14 ont reçu un résultat positif, confirmé selon l'algorithme national de dépistage.
• Syphilis : 91 personnes dépistées, dont 7 avec un résultat positif.
• Paludisme : 392 tests de diagnostic rapide réalisés, dont 35 positifs.
• Mpox : le repérage des signes et symptômes a permis d'identifier 3 cas suspects.
Les taux de positivité observés sont de 3,7 % pour le VIH, 7,7 % pour la syphilis et 8,9 % pour le paludisme. Pour le VIH, à titre de repère, la prévalence chez les adultes de 15 à 49 ans est estimée à 0,7 % pour l'ensemble de la RDC (estimations Spectrum 2020, citées par l'ONUSIDA). Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose : le taux de la campagne porte sur des personnes volontaires, dépistées sur des sites choisis pour atteindre les populations les plus exposées. L'écart confirme toutefois l'intérêt de cibler ces populations.
Traitement et orientation vers les soins. Les 35 personnes dépistées positives au paludisme ont reçu un traitement antipaludique (combinaison thérapeutique à base d'artémisinine) fourni par la zone de santé. Les personnes dépistées positives au VIH ou à la syphilis ont été orientées, avec un bon d'orientation, vers une structure de prise en charge de proximité. Celles de Kalamu I ont été orientées vers le Centre IST Matonge, celles de Kasa-Vubu vers le Centre IST Victoire. Les 3 cas suspects de Mpox ont aussi été orientés vers ces deux centres. Dans une stratégie mobile, le rôle de TROFOS est de dépister et d'orienter. La prise en charge relève des structures de santé, en lien avec le réseau (spokes/hubs) du projet IMPAACT4HIV.
La force de l'approche communautaire
Sur le terrain, les pairs éducateurs ont répondu à de nombreuses questions. Elles portaient sur les modes de transmission, la transmission de la mère à l'enfant, l'efficacité de la prévention, la PrEP, le Mpox, le test rapide du paludisme et les IST. D'autres concernaient la disponibilité et l'efficacité des traitements antirétroviraux. Ces échanges montrent un vrai besoin d'information de proximité. Les pairs, proches des réalités des personnes, sont bien placés pour y répondre.
L'intégration des services a aussi permis de proposer plusieurs dépistages en une seule rencontre. Elle a permis de repérer à la fois une infection chronique comme le VIH, des IST, une maladie endémique comme le paludisme et une maladie émergente comme le Mpox. Proposer ces services là où vivent les personnes, c'est leur offrir une occasion de se faire dépister qu'elles n'auraient pas forcément trouvée dans les structures de santé classiques.
Des défis qui orientent la suite
Cette première phase a aussi révélé plusieurs difficultés. La démolition de certains lieux de rassemblement a obligé l'équipe à revoir son calendrier et ses sites. La forte mobilité des populations clés a compliqué leur mobilisation et leur suivi. Enfin, le retour tardif des équipes en soirée a posé des questions de sécurité.
Sur le plan médical, le dosage des CD4 n'a pas pu être réalisé pour les personnes dépistées positives au VIH, faute d'équipement disponible.
Pour les prochaines phases, TROFOS prévoit de :
• étendre progressivement la campagne à d'autres zones de santé de Kinshasa ;
• actualiser régulièrement la cartographie des sites d'intervention ;
• renforcer la mobilisation par les pairs ;
• mieux documenter, avec les structures de soins, le parcours des personnes orientées jusqu'à leur mise sous traitement ;
• plaider pour la disponibilité d'équipements de mesure des CD4.
Un engagement qui se poursuit
Ce lancement confirme une conviction au cœur de l'action de TROFOS : la santé doit aller vers celles et ceux qui en sont le plus éloignés. Informer sans juger, dépister sans exposer, orienter sans abandonner : la campagne se poursuit dans cet esprit, aux côtés des communautés, des zones de santé et des partenaires. L'objectif est une réponse communautaire plus forte et un accès équitable aux services de santé à Kinshasa.